LE TRIO

 

 

Michel Grisolia         Françoise Mallet-Joris        Marie Paule Belle

Michel Grisolia

Michel Grisolia, écrivain français, 1990. Crédits : ULF ANDERSEN / Aurimages - AFP

Michel Grisolia né le 12 août 1948 à Nice, a été critique de cinéma au Nouvel Observateur de 1975 à 1979, puis à L'Express depuis 1994

Doté d'un humour mordant, ami fidèle et doté d'une vaste culture, féru de films d'auteur comme de nanars dont il savourait le second degré, Michel Grisolia, dit Grigri, a publié une trentaine d'ouvrages, essentiellement policiers. Dès L'Inspecteur de la mer, situé dans sa ville natale, aux relents glauques, bientôt suivi par Barbarie Coast et par Haute Mer, ce représentant de la littérature populaire la plus noble imposait sa science de l'intrigue venimeuse, ses dons d'observation caustique, son goût pour les cadavres exquis.

"Pas loin d'Eugène Sue, tout près de Gustave Lerouge", écrivait Pierre Ajame en 1977, Michel Grisolia arrachait les fleurs d'un mal nommé fric, corruption. Les noms de James Hadley Chase ou de John Updike étaient cités dans les comptes rendus de ses divertissements voués au crime et au mystère. Georges Conchon honora en son temps le talent de ce malicieux misanthrope qui savait être à la fois "un raconteur pervers d'histoires" et un "écrivain".

LE MONDE | 31.03.2005 par

 

Marie Paule Belle : "Grigri était pour moi comme un frère. Je l'ai connu par l'intermédiaire de Jean-Michel (mon frère). Dès l'âge de neuf ans, nous avons composé des chansons. Nous imaginions aussi des spectacles, que nous présentions devant un public familial. Grigri écrivait déjà des pièces de théâtre, des nouvelles... Il était doté d'un imaginaire très riche, fort différent de celui de Françoise.

Grigri était à la fois journaliste, critique de cinéma, scénariste et auteur de romans policiers. Aujourd'hui, en relisant ses textes et en me remémorant ceux que l'on a écrit durant notre jeunesse, je prends conscience que je retrouverais difficilement un auteur de chansons avec un talent si aigu et contrasté que le sien. Grâce à son art de manier les mots et d'associer les idées, il savait tout aussi bien instaurer un climat tragique et aborder des sujets d'une drôlerie irrésistible. Oui, Grigri était un être double. Il incarnait l'intelligence, l'esprit de répartie, l'humour, mais également la discrétion, l'intériorité, la gravité." (Extrait : ma vie.com)

 

En 1995, Michel Grisolia publiait un roman L'Excelsior, livre retraçant l'histoire d'un jeune homme de quinze ans, cinéphile fréquentant assidûment le cinéma "L'Excelsior" à Nice en 1964. Il y raconte les drôles de rencontres qu'il y fait. Un marginal, sorte de père putatif le fera sortir de l'écran et du cinéma pour lui faire connaitre la vie et à ce moment-là le cinéma le rattrapera lui faisant vivre des aventures extraordinaires.

L'entretien était illustré par la lecture de plusieurs passages de ce roman par l'écrivain lui-même.

  • Production : Claude Mourthé
  • Réalisation : Claude Chebel
  • Un livre des voix - L'Excelsior
  • 1ère diffusion : 02/02/1995
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France

Romans

-L'Inspecteur de la merÉditions Jean-Claude Lattès, 1977, 1980 (prix Mystère de la critique)
-Barbarie Coast, Éditions Jean-Claude Lattès, 1978
-Haute Mer, Éditions Jean-Claude Lattès, 1980
-Le Choix des armes, Éditions Hachette, 1981
-La Petite Afrique, Éditions L'instant romanesque, 1983
-Les Guetteurs, Éditions Jean-Claude Lattès, 1983, 1984 (prix du Rotary Club)
-Les Sœurs du nord, Librairie des Champs-Élysées, 1994 (prix du roman d'aventures)
-L'Homme aux yeux tristes, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque 1986
-La Madone noire, Librairie des Champs-Élysées, -Le Masque 1986
-La Chaise blanche, Éditions Jean-Claude Lattès, 1986, 1987 (prix Roland-Dorgelès)
-Question de bruit ou de mort, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque 1988
-La Promenade des Anglaises, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque 1987

-650 Calories pour mourir, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque 1987
-Nocturnes en mineur, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque 1988
-L'Amour noir, Éditions Flammarion, 1990
-Le Mystère de l'abbé Moisan, Éditions Jean-Claude Lattès, 1991
-Les Seconds Rôles, Éditions Flammarion Nouvelles, 1992
-La Justice de l'abbé Moisan, Éditions Jean-Claude Lattès, 1993
-La Maison mère, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque 1994
-Délit mineur, Éditions Jean-Claude Lattès, 1994
-L'Excelsior, Éditions Flammarion, 1995
-L'Apôtre des Indes, Éditions Bayard, 1997
-Les Jardins du tigre, Éditions Albin Michel, 1999
-L'Heure d'hiver, Éditions Albin Michel, Roman noir, 2000

 

source : wikipédia


Cinéma

1979 : Flic ou voyou de Georges Lautner, inspiré de son roman L'Inspecteur de la mer
1980 : Je vous aime de Claude Berri
1981 : Le Choix des armes avec Alain Corneau
1982 : Le Grand Frère de Francis Girod
1982 : L'Étoile du Nord de Pierre Granier-Deferre (avec Jean Aurenche)
1987 : Les Sœurs du nord de Joël Santoni
1988 : Histoires d'ombres de Denys Granier-Deferre (avec Yves Stravides, d'après Hervé Jaouen)
1988 : 650 calories pour mourir de Marc Lobet
1988 : Sos disparus de Michel Favart, Pierre Boutron, Maurice Frydland et Daniel Losset
1990 : J'embrasse pas d'André Téchiné (avec André Téchiné, Jacques Nolot)

1993 : Délit mineur de Francis Girod
1993 : La Règle du silence de Marc Rivière
1995 : Passage à l'acte de Francis Girod (avec Gérard Miller)
1996 : À travers la nuit de Gaël Morel (d'après une idée de Gaël Morel)
1996 : Vidange de Jean-Pierre Mocky
1999 : La Faute à Degun (d'après une idée de François Thomazeau)
1999 : Premières Neiges (Tétra Média Films)
2000 : Sang neuf de Régis Wargnier
2000 : La Soutane turquoise de Jean-Pierre Mocky

 

source : wikipédia


Autre lien

Bibliothèque Nationale de France : Michel Grisolia

Françoise Mallet-Joris

Photo de gauche: AFP/Pierre Verdy

Photo de droite: La romancière Françoise Mallet-Joris, photographiée en décembre 1970. UPI / AFP

Françoise Mallet-Joris: «Je voudrais que l'on pût écrire des deux mains et que chacune écrivît le contraire de l'autre.»

Biographie

Françoise Lilar naît à Anvers le 6 juillet 1930. Fille d'Albert et de Suzanne Lilar, tous deux avocats, elle passe la plus grande partie de son enfance dans la belle maison bourgeoise de la rue Jordaens. Des parents prestigieux (Albert Lilar, futur ministre, et Suzanne dont la carrière littéraire va commencer), une société choisie, un rendez-vous d'artistes, tout cela amène naturellement la jeune Françoise vers les lettres : son premier recueil paraît lorsqu'elle a dix-sept ans. Précoce en tout, avide de vivre, elle part aux États-Unis, s'y marie et a un enfant. Elle rentre à Paris et adopte le pseudonyme de Françoise Mallet-Joris pour publier, en 1951, Le Rempart des béguines qui met en scène une jeune fille révoltée par un milieu bourgeois – et anversois – vivant avec la maîtresse de son père une aventure passionnée. Le thème de ce livre et la jeunesse de son auteur expliquent l'impact du roman et son effet de scandale. Le succès se confirme avec La Chambre rouge (1955). Mais très vite s'affirme le besoin pour Françoise Mallet-Joris de surprendre le lecteur et, peut-être, de se surprendre elle-même en sortant de ses tout jeunes sentiers battus : en 1958 L'Empire céleste (couronné par le Fémina qui avait dédaigné en 1956 Les Mensonges) présente un milieu clos où évoluent des personnages que le destin a réunis par hasard, déjà une sorte de clin d'œil de l'ange.

Le Nouveau Roman fascine les milieux littéraires parisiens, Françoise Mallet-Joris aborde dans la Lettre à moi-même le problème de la nouveauté des formes et des styles. Elle se tiendra donc à l'écart des expériences sclérosantes. Dans cette Lettre, elle affine son regard sur les autres et sur elle-même et y trouve le ton à la fois lucide et plein d'humour qui sera certainement une de ses marques. La Maison de papier remportera, en 1970, un énorme succès, le lecteur y découvrira, comme par strates, au-delà d'un monde familier, l'alchimie d'une vie de femme, exemplaire de bien d'autres : Françoise Mallet-Joris s'y montre dans ses préoccupations quotidiennes, dans ses soucis de mère, mais aussi dans son cheminement d'écrivain. Ce livre apparaîtra à beaucoup comme une bouffée d'air frais et comme un retour à la réalité. Dans la même veine, on peut citer Allégra (1976), Dickie-roi (1980), Le Rire de Laura (1985), Divine (1991). Que ce soit Allégra, jeune femme solitaire au sein d'une famille fantasque qui trouve paradoxalement dans un petit Arabe muet son seul interlocuteur; Jeanne qui, voulant changer son apparence, se rend compte trop tard qu'elle s'y perd; Laura entamant avec son fils le difficile chemin qui le sortira peut-être de la drogue, ou Dickie égaré dans le monde du spectacle, tous, à leur manière, traduisent une réalité, la réalité de notre monde qui se cherche.

Mais Françoise Mallet-Joris est bien autre chose que ce que les manuels de littérature nomment l'écrivain témoin de son temps, elle qui a déclaré dans son discours de réception à l'Académie : «Je voudrais que l'on pût écrire des deux mains et que chacune écrivît le contraire de l'autre.» Elle a très vite manifesté un goût prononcé pour l'histoire, soit réelle, soit reconstruite : Marie Mancini (1964), Les Âges de la nuit (1968), Les Larmes (1993), l'histoire non pas comme une évasion mais comme la rencontre d'âmes, de très belles figures de femmes surtout. Le dernier roman Les Larmes peut apparaître comme une sorte de résumé emblématique de toute l'œuvre : on y retrouve, peinte avec une minutie de dentellière, la description de la technique peu connue de la céroplastie, destinée au début du XVIIIe siècle aux cabinets d'amateurs. Le chef-d'œuvre de Catherine est un buste de femme présentant un profil parfait et l'autre écorché pour leçon d'anatomie. Dans ce roman baroque, Françoise Mallet-Joris retisse un des fils de la littérature belge, cette complémentarité de la laideur et de la beauté, cette belle horreur chère à Crommelynck ou à Ghelderode.

Ce qui frappe aussi, c'est l'intense créativité. Alors que certains remâchent désespérément le même sujet, habillent leurs vieux fantasmes d'oripeaux à la mode, Françoise Mallet-Joris s'offre le luxe de gaspiller des idées, d'aborder à peine certains personnages. Combien de silhouettes tout juste ébauchées qui eussent été d'extraordinaires héros de roman? Mais l'écrivain taille en pleine étoffe… personnages réels entrevus dans la réalité, personnages synthétiques à la Balzac, personnages nés de son propre théâtre d'ombres, qui le sait et est-ce bien là la question?

De plus, elle qui dit faire de la littérature comme on fait un soulier a su éviter l'écueil de la redite, du sujet prolongé. Au bilan donc, une œuvre touffue, foisonnante, sans cesse renouvelée, traversée, comme certains tableaux anciens, par un éclair, une recherche de mysticisme, ce rayon qui frappe de plein fouet Madame Guyon, mais aussi peut-être Allégra, Laura, Divine ou Adriana…

La curiosité de Françoise Mallet-Joris l'amènera à s'intéresser aussi à la chanson : elle sera la parolière de Marie Paule Belle, montrant par là que rien dans le langage n'est anodin. Dès novembre 1971, elle entre à l'Académie Goncourt et, le 9 octobre 1993, ayant la double nationalité, elle est élue (réalisant par là un des désirs les plus profonds de Suzanne Lilar) au fauteuil de celle qu'elle n'a jamais cessé d'appeler sa maman. Son discours de réception à l'Académie de langue et de littérature françaises de Belgique lui donnera l'occasion d'un retour aux sources, lui permettra de dire tout ce qu'elle doit à la Belgique et l'importance de ses racines, mais surtout on y trouvera l'expression de la dette d'une fille à sa mère, dette intellectuelle d'abord, mais surtout dette affective.

Françoise Mallet-Joris a obtenu le Prix de Libraires en 1957 pour Les mensonges, le Prix Fémina en 1958 pour L'Empire Céleste, et le Prix Prince de Monaco en 1964 pour l'ensemble de son œuvre.

 

Membre du Comité du Prix Fémina de 1969 à 1971, Françoise Mallet-Joris a été élue à l'unanimité à l'Académie Goncourt en novembre 1971

 

Membre belge littéraire du 9 octobre 1993 au 13 août 2016
Prédécesseur : Suzanne Lilar
Fauteuil 13

 

 

Copyright © Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Tous droits réservés.


Discours de réception à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique

 

Réception de Françoise Mallet-Joris. Séance publique du 18 juin 1994.

Discours de Georges Sion [en ligne], Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, 1994. Disponible sur : <www.arllfb.be>

 

Réception de Françoise Mallet-Joris. Séance publique du 18 juin 1994.

Discours de Françoise Mallet-Joris [en ligne], Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 1994. Disponible sur : <www.arllfb.be>

Bibliographie romanesque

-Poèmes du dimanche, Editions des artistes, Bruxelles 1947

 

-Le Rempart des béguines, roman, Paris, Julliard, 1951
 
-La Chambre rouge, roman, Paris, Julliard, 1954
 
-Cordélia, nouvelles, Paris, Julliard, 1956
 
-Les Mensonges, roman, Paris, Julliard, 1956
 
-L'Empire céleste, roman, Paris, Julliard, 1958
 
-Les Personnages, roman, Paris, Julliard, 1961
 
-Lettre à moi-même, essai, Paris, Julliard, 1963
 
-Marie Mancini. Le premier amour de Louis XIV, biographie, Paris, Hachette, 1964
 
-Les Signes et les prodiges, roman, Paris, Grasset, 1966
 
-Enfance, ton regard, Paris, Hachette, 1966
 
-Trois âges de la nuit, histoires de sorcellerie, Paris, Grasset, 1968
 
-La Maison de papier, roman, Paris, Grasset, 1970
 
-Dickie-Roi, roman, Paris, Grasset, 1970

 

-Le Jeu du souterrain, roman, Paris, Grasset, 1973

-J'aurais voulu jouer de l'accordéon, essai, Paris, Julliard, 1975
 
-Allegra, roman, Paris, Grasset, 1976
 
-Jeanne Guyon, biographie, Paris, Grasset, 1979
 
-Un chagrin d'amour et d'ailleurs, roman, Paris, Grasset, 1981
 
-Le Clin d'œil de l'ange, roman, Paris, Gallimard, 1983
 
-Le Rire de Laura, roman, Paris, Gallimard, 1985
 
-La Tristesse du cerf-volant, roman, Paris, Flammarion, 1988
 
-Adrina Sposa, roman, Paris, Flammarion, 1990
 
-Divine, roman, Paris, Flammarion, 1991
 
-Les Larmes, roman, Paris, Flammarion, 1993
 
-La Maison dont le chien est fou, roman, Paris, Flammarion-Plon, 1997
 
-Sept Démons dans la ville, roman, Paris, Plon, 1999
 
-La Double Confidence, roman, Paris, Plon, 2001
 
-Portrait d'un enfant non identifié, roman, Paris, Grasset, 2004
 
-Ni vous sans moi, ni moi sans vous, roman, Paris, Grasset, 2007


Françoise Mallet-Joris | A propos de l'écriture | 04 octobre 1970

Françoise MALLET-JORIS pense qu'il est nécessaire d'être rusé dans l'écriture et parle de ses difficultés à commencer un nouveau livre, de son sentiment créateur, du rapport entre littérature et succès et le besoin de repartir à zéro à chaque fois. De 4'18'' à 5'28'' rupture du son.

A retrouver sur le site de l'INA ici

Françoise Mallet-Joris| A propos de son image | 04 octobre 1970

Françoise MALLET-JORIS aborde la question de son image et des portraits qui lui ont été consacrés. Elle observe les différences entre une image télévisuelle et écrite, raconte une anecdote sur la vie de Madame Guyon (mystique du 17ème siècle) et la modestie puis donne quelques réflexions sur la composition d'un roman.

A retrouver sur le site de l'INA ici

Françoise Mallet-Joris | Le jeu du souterrain | 19 mars 1973

Françoise MALLET-JORIS interviewée chez elle par Pierre de Boisdeffre pour son roman "Le jeu du souterrain". Elle parle, de son retour au roman après "La Maison de papier". Elle évoque les différents aspects de son nouveau livre, insistant sur le personnage de l'écrivain. Elle aime saisir l'aspect drôle chez les gens et les choses. Elle donne son avis sur le nouveau roman. 

A retrouver sur le site de l'INA ici

Françoise Mallet-Joris & Marie Paule Belle | JT 20h | 19 janvier 1974

Françoise Mallet-Joris évoque la place de la chanson dans sa vie d'écrivain "La littérature est une longue réflexion, la chanson c'est beaucoup plus spontané", puis elle chante "Gare du Maine Montparnasse" tandis que Marie Paule Belle l'accompagne au piano.

A retrouver sur le site de l'INA ici

Marie Paule Belle, Françoise Mallet-Joris et Michel Grisolia | 1979

Les archives de la RTS

Marie Paule Belle : "Plus tard, lorsque nous avons commencé à travailler tous les trois, j'ai pu constater à quel point leurs talents étaient complémentaires. Grâce à une émulation réciproque, ils s'apportaient et m'apportaient énormément. Que de souvenirs joyeux - même lorsque nous écrivions des chansons tristes." (Extrait : ma vie.com)